Guide pratique

Suivez la construction d’un vide sanitaire étape par étape, dans notre reportage photo exclusif.

La construction d’un vide sanitaire au jour le jour

Notre guide pratique vous permettra de découvrir les règles de bonne construction nécessaires pour mettre en œuvre un vide sanitaire.

 
 
Implantation de la construction d'un vide sanitaire

Après le décapage de la première couche herbeuse, commence la réalisation de la plate-forme à partir de laquelle va être réalisée l’implantation de la construction.

Une fois la surface complètement dégagée, l’implantation va commencer à partir du plan d’implantation réalisé par l’ingénieur structure.


Définition des deux axes principaux pour le positionnement des mitoyennetés.

Par rapport aux mitoyennetés, matérialisation du premier angle de la construction.

Grâce à « Pythagore », le premier angle droit !

Tous les axes sont matérialisés au cordeau.

Les intersections sont reportées
en couleur sur le sol.

Puis les axes sont matérialisés au plâtre

Les cordeaux sont enlevés. La plateforme est rendue au terrassier. L’ouverture des fouilles peut commencer.
En fonction de l’étude de sol réalisée, le système de fondation a été décidé.

Sur le plan de l’ingénieur structure, les sections bétons ont été dimensionnées et le godet de la pelle adapté.

Le creusement des fouilles, dans le cas le plus courant de fondations dites superficielles, sera réalisé à une profondeur correspondant au bon sol et au minima, à la côte hors gel qui dépend de la nature du sol, de la région et de l’altitude de la construction.

La terre végétale extraite des fondations sera réservée et utilisée pour des aménagements futurs.

Sur le plan de l’ingénieur structure, les diamètres des armatures ont été dimensionnés.

Les armatures pré-montées qui constituent les semelles filantes sont disposées en longueurs droites, au-dessus des tranchées, sur des supports transversaux, permettant de réaliser les jonctions d’armatures plus confortablement.

Les jonctions orthogonales sont traitées soit (ici) par des U de jonction, soit par des équerres, en nombre suffisant pour assurer les recouvrements réglementaires.

Les jonctions longitudinales sont assurées soit, comme ci-dessous, en faisant pénétrer une longrine dans l’autre, en ayant pris soin de faire sauter le nombre de cadres suffisants pour permettre un recouvrement d’armatures réglementaire (50 Ø) : par exemple 50 cm de longueur pour des armatures en Ø 10mm.


Soit, dans le cas de longrines qui se retrouveraient bout à bout, par des barres droites, de même diamètre que les filants des longrines de fondation.

la longueur droite de recouvrement devant représenter elle aussi, 50 fois le diamètre de la barre (toujours 50 cm de longueur pour un diamètre 10 mm), mais dans chaque longrine, donc des barres d’un mètre de long.

Toutes ces armatures de jonction d’angles ou longitudinales, doivent être positionnées à l’intérieur des cadres des armatures pré-montées qui constituent les semelles filantes.

Elles doivent être, de plus, soigneusement ligaturées aux filants des semelles, afin de garantir le maintien de l’armature à sa place, lors de l’arrivée de la vague de béton.

On n’oubliera pas d’installer la mise à la terre dans la cage d’armatures et de ménager le passage pour les alimentations.

Le coulage peut commencer, non sans avoir :

  • Contrôlé les différentes altitudes des berges des fondations et pris éventuellement toutes dispositions pour assurer le bon niveau d’affleurement du béton qui va être déversé (ici les repères orange)
  • Réinstallé les axes des fouilles au cordeau, qui serviront au positionnement des attentes de reprise pour les chainages verticaux.
Un béton de propreté peut être déversé en fond de fouille entre 5 et 10 cm d’épaisseur pour garantir un enrobage correct des armatures basses des semelles filantes. Béton faiblement dosé à 150Kg/m3.

Il lui est souvent préféré, comme ici, de déverser, à travers les armatures toujours en position haute, une première couche de ≈ 10 cm de béton et de déposer dessus les armatures en attente au fur et à mesure du coulage, à l’avancement, en enlevant les supports.


La mise hors gel de l’arrivée d’eau, ligaturée «au-dessus» de l’armature de fondation.

Il faut ensuite terminer le remplissage et procéder au débullage de la surface pour la préparer à la pause des blocs béton pour l’élévation des murs du vide sanitaire.

Pour ce chantier, conformément au plans de l’ingénieur structure, en zone sismique modérée
(ancienne zone 1b) :

  • Dans tous les angles et jonctions de la construction ainsi qu’aux décrochements de façade éventuels, sont disposés des chaînages verticaux (4 barres), ancrés dans les semelles de fondation.
  • Ces chaînages verticaux sont à prévoir également de part et d’autre de chaque ouverture (portes, fenêtres).

Grâce aux axes de fondation matérialisés précédemment par les cordeaux, repérer l’emplacement des chainages verticaux, enfoncer dans le béton frais 4 équerres qui pénètreront à l’intérieur de la longrine enfouie et resteront dépassantes, en attente des chainages verticaux nécessaires à l’élévation.

On veillera à ménager un espace d’enrobage suffisant entre les aciers verticaux dépassants, pour une bonne reprise avec les chainages verticaux de l’élévation.

Le montage des murs du Vide Sanitaire est réalisé en maçonnant au mortier, des blocs creux sur une hauteur suffisante pour répondre aux critères techniques habituels du Vide Sanitaire : (Voir dans la FAQ : Pourquoi construire sur vide sanitaire ?)

  • Respect des niveaux
  • Inondations
  • Ménager une bonne accessibilité de l’espace…
    (Voir dans la FAQ : Quelle est la hauteur d’un vide sanitaire ?)
  • Ventilation… (Voir dans la FAQ : Un vide sanitaire doit-il être ventilé ?)

Les blocs béton doivent être hourdés verticalement entre eux.

Des « trous d’homme » sont réalisés dans les murs de refend pour faciliter l’accès aux différents volumes en sous face du plancher.

Sur le dernier rang de blocs béton, il est réalisé une arase étanche, pour arrêter la bonne altitude du plancher et stopper les remontées capillaires.

Cette coupure de capillarité peut être réalisée en mortier hydrofuge, en toutes zones mais impérativement en zone sismique.

(Ailleurs, dans les zones non concernées par le séisme, un mortier classique suffirait, sur lequel on collerait un feutre bitumineux).


Le remplissage des chainages verticaux doit être réalisé avec le béton de la dalle du plancher et non pas avec le mortier de l’arase.

La trappe d’accès sera réalisée dans la hauteur du mur de sous-bassement sur une des façades

(à moins qu’elle ne soit prévue à l’intérieur de l’habitation).

Une dernière  »vérif » des diagonales…

Les chainages verticaux dans les angles sont installés, les raidisseurs verticaux complémentaires seront mis en place, après la pose des chainages horizontaux.

Tout est prêt pour commencer la pose du plancher.

Il est d’autant plus facile, en Vide Sanitaire à hauteur d’homme, de disposer les poutrelles scrupuleusement selon le calepinage du plan de préconisation de pose et d’installer les files d’étais, sans avoir à circuler sur les poutrelles pour installer les entrevous.
En effet, rappel de sécurité de chantier :

  • Il est interdit de circuler sur des poutrelles de plancher si celles-ci ne sont pas étayées.
  • À moins que le plancher n’ait été calculé « sans étai », comme ici.

Dans tous les cas les poutrelles sont placées rigoureusement à l’entraxe donné par les entrevous, dans le respect du plan de préconisation de pose fourni.

En l’occurrence, ici, pour une construction RT2005, seuls les rupteurs de ponts thermiques périphériques ont été demandés par le thermicien de l’opération et ont donc été utilisés pour donner le bon entraxe aux poutrelles.

Les poutrelles reposent de quelques cm sur les murs.

Sur les refends, le chaînage est approché latéralement… 

… avant de placer la travée adjacente en continuité.
Les fils dépassants aux abouts des poutrelles ne doivent pas être coupés s’ils gênent à la mise en œuvre, mais repliés.
Cela n’a pas été nécessaire ici.

Même opération pour les rives. 

Chainages de rives ou de refends, même problématique de réalisation des jonctions que pour les longrines de fondation, avec une préoccupation supplémentaire de liaison avec les chainages verticaux dans les angles.

Les équerres, ou ici les U,
vont assurer les recouvrements nécessaires.

Grosse densité d’armatures !
Installation soignée indispensable…

Sur les longs-pants, les raccordements des longueurs droites de chainages horizontaux se réalisent comme pour les longrines préfabriquées des fondations.

Les ligatures, encore une fois, ne renforcent en aucun cas la résistance de la liaison

mais assurent uniquement le maintien de l’armature durant la phase de bétonnage.
On remplit les intervalles entre poutrelles par les entrevous, on découpe soigneusement les démodulés pour les réutiliser et minimiser les chutes, dans les deux sens, porteur et répartition.

Les chainages périphériques étant en place, il est temps de sceller les planelles de rives et de commencer le ferraillage du plancher.

À partir du plan de l’ingénieur structure, repérage des évacuations, positionnements des réservations à prévoir, installation des lignes de suspension (tiges filetées) pour les différentes évacuations.
Le treillis soudé, armature de la dalle, en phase de pose…

Les panneaux de treillis soudé sont disposés sur les entrevous, des distanciers, ou tout autre moyen sûr, sont utilisés pour garantir l’enrobage des armatures dans l’épaisseur de la dalle.
Pour les recouvrements de plaques, 3 soudures, ou deux mailles de recouvrements, sont nécessaires dans le sens porteur du treillis soudé et 2 soudures, ou 1 maille, dans le sens répartition.

Ici, en zone sismique, des recouvrements plus importants sont réalisés : 3 mailles ou 4 soudures systématiquement.
De place en place, on ligature ces plaques de treillis soudé entre-elles, ainsi qu’aux chaînages périphériques, pour des questions de sécurité.


Mise en place des chapeaux :
Sur les rives porteuses (murs périphériques perpendiculaires aux poutrelles) : en toutes zones, les chapeaux sont en forme de crosses (L), placés à l’aplomb des poutrelles, au-dessus du treillis soudé, le petit côté du (L) logé en oblique dans le chainage. Ils seront ligaturés au chainage et/ou au treillis soudé toujours pour leur éviter d’être emportés par la vague de béton, lors du bétonnage.

Sur les rives non porteuses (murs périphériques parallèles aux poutrelles) :
mais uniquement en zone sismique, on installe des nappes d’armatures prémontées constituées de chapeaux crossés, maintenus à une distance l’un de l’autre d’environ 30 cm et qui vont assurer le recouvrement avec le treillis soudé pour l’ancrer dans les chainages.

Sur les murs de refend :
il faut assurer les continuités entre les travées dont les poutrelles sont dans le prolongement l’une de l’autre. Les chapeaux sont disposés en barres droites dont les diamètres sont indiqués sur le plan de préconisation de pose du plancher.
On ligaturera également les chapeaux au treillis soudé pour éviter qu’ils ne soient emportés par le coulage du béton de la dalle.

À partir du plan Archi, on repère précisément la position des raidisseurs verticaux, puis on les insère verticalement, dans les logements réalisés dans les murs d’élévation du vide sanitaire, à travers les chainages.
Ils vont se recouvrir avec les aciers laissés en attente depuis le coulage des fondations.


Nous n’attendons plus que le béton…
Béton Prêt à l’Emploi, type C25/30 choisi ici, en classe de consistance S4.

Pour une pour une meilleure mise en œuvre et des remplissages parfois délicats en zone sismique où les jonctions sont à forte densité de ferraillage, il convient de choisir la classe de consistance la mieux adaptée à cette problématique.

De S 1 (10 à 40mm) à S 5 (≥ 220mm d’affaissement au cône d’Abrams).

Rappel : En aucun cas les classes de consistance ne s’obtiennent en rajoutant de l’eau dans la toupie sur chantier, sous peine de perdre la résistance prévue à 28j et donc la garantie de résistance globale du plancher fourni par l’industriel fabricant des poutrelles en béton !

La malléabilité de ce béton (S4) va faciliter la mise en œuvre du béton lors du coulage de la dalle (ici de 4 cm d’épaisseur, sur ce type d’entrevous polystyrène) et éviter ainsi la pompe à béton.

Mise à niveau par rapport aux planelles, pour s’assurer que l’épaisseur de dalle prévue sur le plan de préconisation de pose sera bien respectée et que toutes les armatures seront correctement enrobées.
Débullage traditionnel … réglage du niveau …

La dalle ainsi réglée, laisse affleurer les rupteurs transversaux en bout de travées de rives.

Nous sommes là, devant une maison qui répond parfaitement à la réglementation « RT 2005 ».</p


 

En chiffres :

 

Un plancher Up27, accessoirisé comme ici avec seulement des rupteurs transversaux, va donner une performance thermique globale du vide sanitaire (Ug ou encore LX/A) d’environ 0.22 w/m².°C.Très logiquement, l’étude du thermicien, en intégrant tous les autres paramètres de calcul, n’a donc pas imposé le traitement des ponts thermiques longitudinaux en rives, ni ceux de part et d’autre des murs de refends.

En chiffres toujours :

 

Si l’on avait terminé l’accessoirisassion de ce même plancher en rajoutant les rupteurs longitudinaux et le traitement des ponts thermiques de refend, nous aurions atteint une performance thermique du vide sanitaire d’environ 0.16 w/m².°C ! (Dans la FAQ, voir : « Quelles solutions de plancher pour un vide sanitaire » l’avis de l’expert).

Sur cette réalisation, l’isolation thermique globale apportée par ce vide sanitaire à l’ouvrage est donc parfaitement réglementaire, mais n’est pas au niveau maximum de ce que la performance des techniques, mises à disposition par les industriels fabricants de poutrelles en béton d’aujourd’hui, aurait pu lui permettre d’atteindre.


L’entreprise réalise avec beaucoup d’attention,
un remplissage de toutes les jonctions qui doit être d’autant plus soigné qu’elles sont ici, à forte densité d’armatures.

Un enrobage méticuleux de toutes les armatures en attente est réalisé…

Pour en arriver à rendre une plateforme impeccable.
Tout s’est bien passé et dans quelques jours, 7 jours à 20°c ou 21 jours à 0°c, le plancher sur Vide Sanitaire sera opérationnel. (cf. l’EN1992-1-1 issue de l’Eurocode 2).

Si le plancher avait été étayé, les étais auraient dû être impérativement enlevés au plus vite à ces dates, mais dans tous les cas, au pire, avant l’application des charges permanentes que sont les dalles flottantes, chapes, ravoirages, chauffages par le sol, carrelages et autres revêtements de sol divers, sans oublier les cloisons de distribution.
On terminera en installant les ventilations (voir la FAQ : Un vide sanitaire doit-il être ventilé ?).

Le Vide Sanitaire est maintenant prêt à remplir son rôle de salubrité, de résistance, de confort, de sécurité, d’isolation, le tout en totale discrétion, gardien perpétuel désormais, de la durabilité de l’ouvrage dont il fait partie intégrante et des vies qui vont s’y développer en harmonie.

Remerciements :
Merci à Mr Jean Chevry, Président de la holding SPEOS du Pontet dans le Vaucluse, pour nous avoir permis de réaliser ce reportage en nous ouvrant sans réserve ses chantiers où nous avons pu apprécier la compétence et le savoir-faire de leur sous-traitance.
Merci à Olivier Rambert, conducteur de travaux, de nous y avoir accompagné pour en suivre la réalisation.
Merci à Bilal Uncucan, patron de la société Océane Sud Maçonnerie Générale et à son fils Ali, pour leur disponibilité et leur gentillesse.

Vidéos

Les poutrelles en béton sur vide sanitaire

Techniques de pose

Les poutrelles en béton sur vide sanitaire

A quoi ça sert ?

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